lundi 24 juillet 2017

La vraie vie est ailleurs





Ce monde est sans âme.
La vraie vie se moque
De l’inacceptable des images
Elles se plient sous les regards avides.

Le jour se lève
Dans l’ineffable déploiement de l’aube
Un pâle soleil caresse la campagne
Encore endormie

La vraie vie est ailleurs
Dans le cotonnement des nuages
Et la nacre de leurs dentelles
Dans la pluie qui glisse sur la vitre
Et diamante ce que je perçois
Dans la petite feuille qui se balance
Sous la frêle  brise amusée
Ou dans le scintillement des étoiles
Quand vient la nuit

La vraie vie est transparence
Lumière don de soi
Oubli du monde

Elle est surtout dans cet amour
Qui nous submerge
Aussi grand que la force des prodiges
Qui génèrent les étoiles
Et me fait entrevoir le ciel

©


Théa Casamance
La Grange aout 2017


samedi 15 juillet 2017

Pour ne pas se taire







Ces ballons blancs dans la nuit
Chaque nom écrit sur l'asphalte
Pour que leur mort ne soit pas vaine
Pour que la nuit se peuple à jamais

Dans la lumière de l’été
Ils ont gravé les noms dans le sol
Pour ne pas se taire
Pour que l’on n’oublie pas

Voici venu le temps du recueillement
Ils sont partis derrière l’horizon
Là où les âmes vivent en paix
Là où la lumière les fera renaître

Leurs  voix se sont tuent
Mais les cœurs pleurent encore
Tous ces hommes ces femmes ces enfants
Partis sans savoir pourquoi
Leur vie s’est arrêtée cette nuit là

©


Théa Casamance
Nice 14 juillet 2017


dimanche 2 juillet 2017

L'escalier noir (extrait)









Léa ne se souvenait pas d’avoir été malheureuse dans cette maison qu’ils appelaient tous : La rue Catinat. Seuls,  leurs souvenirs d’enfants portaient les empreintes de frayeurs et d’images terribles. Les deux plus jeunes frères et sœurs de Léa, semblaient avoir été épargnés. L’innocence de leur très jeune âge leur donnait sans doute une prérogative certaine, et c’est en riant comme des fous qu’ils regardaient passer le corbillard cachés sous la fenêtre de la salle à manger

Léa avait toujours eu peur du noir. Elle avait tellement fait de cauchemars quand elle était petite ! Au premier étage, la chambre des filles ressemblait à un véritable dortoir. Elle dormait dans le même lit que sa sœur aînée, chacune se recroquevillant dans le coin opposé, pour donner un peu d’aisance et de solitude à leur corps. La petite fille avait toujours du mal à s’endormir, elle enviait sa sœur qui aussitôt la lumière éteinte après le dernier baiser de maman posé sur le front, rêvait déjà qu’elle était première en classe.

La chambre des garçons était au rez-de-chaussée. Léa croyait qu’ils étaient privilégiés et trouvait cela fort injuste ! Ils n'avaient pas, le terrible escalier à monter ou à descendre pour aller se coucher..

Une fois tout le monde dans son lit, la maison s’engouffrait dans un silence profond. Léa, enfouie sous les couvertures jusqu'au ras des sourcils, entendait son père qui toussotait sur la dernière cigarette de la journée. Maman, elle, descendait le lieu sinistre de leurs frayeurs pour rejoindre la cuisine où elle s’installait pour coudre...

Léa est une autre
recueil de nouvelles